Les étages domestiques de la rue Drouot

Rue Drouot, juillet 2010

De l’or au zinc, le peuple des métaux répand des fastes inattendus près de l’hôtel des ventes. Rien ne va plus dans les étages supérieurs où sont adjugées des chambres précaires. Là, un confort incertain et des lieux d’aisance qui soulignent la gêne de leurs habitants calmes, surplombe le commerce des œuvres de grands artistes autant que celui des objets d’art qui ont encombré les caves et les greniers avant de subir les enchères et les coups de marteaux des commissaires priseurs.

Qui dit mieux ?

Jadis les domestiques vivaient ici, sous les toits. Les jours de paye, les hommes pouvaient lâcher quelques pièces sur le zinc, au bistrot d’en face. Le bar était d’ailleurs en étain, mais billant de lueurs éthyliques ou limonadières. Les femmes allaient les chercher et les ramenaient, parfois en brouette.

Aujourd’hui, la pauvreté est cachée autrement mais elle occupe toujours les étages élevés. Plus près de toi, mon Dieu. De toit aussi, mon septième ciel.

janvier 1948 – juillet 201O – mars 2019 – août 2022