Au milieu des ombres, Clemenceau veille sur les morts

Clemenceau

Dans son royaume, la RATP recycle les paysages profonds et fait revenir les images passées à la surface interne de ses boyaux , les fait revivre là où le métabolisme parisien avait déposé ses sédiments.

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Deux séjours possibles pour les morts, dans la tradition orphique : celui des bons et celui des méchants. Les champs Élysées et le Tartare, qui porte aussi le nom de Hadès. 

Selon Homère, il n’existait aucune distinction entre les coupables et les autres morts ; ni récompense, ni punition. Accueillant tous les trépassés, le Hadès était arrosé par quatre fleuves, dont les eaux le séparaient du monde des vivants. Le vieux batelier, Charon, transportait les âmes des morts sur l’autre rive. Un chien monstrueux, Cerbère, gardait les portes de l’enfer. 

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Clemenceau, qui se qualifia un jour de « premier flic de France » aurait-il usé d’une expression comme « chien de garde » ? Au bout du Chemin des Dames, les poilus mitraillés ont-ils trouvé des champs Élysées ?


Câbles

À la surface, la statue du chef de la guerre semble marcher au pas cadencé. Mais elle plane en vautour, pour une éternité de circonstance, au-dessus des décombres. C’est là que les âmes des morts de la grande boucherie entourent le soldat inconnu. Il est des leurs, celui qui les attend tout en haut des Champs Élysées. Place de l’Étoile. À la belle étoile ? Le héros involontaire, à chaque cérémonie officielle, reçoit comme autant d’affronts les discours honorifiques et sonores des chefs d’État qui passent. Autant d’injures pour les victimes de la der des der, de celle d’hier et de celle de demain.