Je suis l’esprit qui toujours nie !

Faust

M e p h i s p t o p h e l e s. 

Ich bin der Geist der stets verneint ! 
Und das mit Recht ; denn alles, was entsteht, 
Ist wert, dass zu Grunde geht ; 
Drum besser wär’s, dass nichts entstünde. 
So ist denn alles, was ihr Sünde, 
Zerstörung, kurz das Böse nennt, 
Mein eigentliche Element.

MÉPHISTOPHÉLÈS. — Je suis l’esprit qui toujours nie !
Et ce, à bon droit ; car tout ce qui prend naissance
Mérite d’être détruit ;
Mieux vaudrait, dès lors, que rien ne naquît.
Ainsi donc tout ce que vous nommez péché,
Destruction, bref le Mal,
Est mon élément propre.

Gœthe, Faust

(vers 1 338 à 1 344),
pages 44 et 45.


FAUST 

EINE TRAGÖDIE 

traduction de Henri Lichtenberger, 
volume I, édition bilingue, Aubier Montaigne, 

(Date de parution originale : 1808)

Juste avant, sont les vers (1 334 à 1 336) cités par Mikhaïl Boulgakov en épigraphe de son chef d’œuvre « Le Maître et Marguerite » :

F a u s t.

Nun gut, wer bist du denn ?

M e p h i s p t o p h e l e s. Ein Teil von jener Kraft,
Die stets das Böse will und stets das Gute schafft.

MÉPHISTOPHÉLÈS. — Une partie de cette force
Qui toujours veut le mal et toujours crée le bien.

Chez Boulgakov (traduit du russe par Claude Ligny), on a cette version :
— Qui es-tu donc, à la fin ?
— Je suis une partie de cette force qui, éternellement, veut le mal, et qui, éternellement, accomplit le bien.

GŒTHE. Faust.


Stylo

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