
Soiré
plaqué de crépuscule
orné de parfums évanouis
Vous croyez peut-être que ces fenêtres vous regardent mais elles vous parlent quand vous marchez dans les rues.
Leurs murmures inscrivent en vous les traces de pensées à l’état naissant.
Ce sont des fenêtres hétérographes.
Marées. Influences lunaires sur les eaux salées.
Sur les âmes esseulées.

Le livre des morts, que les Égyptiens appelaient « sortie au jour » nous apprend
qu’à mesure que le futur mort avance vers sa « fin » il devient
de plus en plus seul vis à vis des « vivants » et s’apprête à se joindre
à l’univers entier, matériel et spirituel.
C’est-à-dire au souffle de la vie.

Il rappela un jour à un interlocuteur que ses liaisons ne concernaient
que ses amantes et lui.

J’ai trop éprouvé en moi l’empire de l’ignorance pour ne pas la reconnaître
quand je la croise au coin d’un bois.

Ne les laissez donc pas pencher leurs têtes si tristement !

La gestion n’est pas mon domaine. Le mien serait plutôt le geste,
quand il se joint à la parole.
S’exposer au vent ! Voilà une liberté essentielle : « Levez-vous, orages désirés ! »
La peau tout entière livrée à l’élément.

Jouerez-vous une musique ?
Pour que le vide en ce bas s’emplisse et s’épanche en temps voulu… désiré.

Pour un enfant privé de paroles d’êtres chers, qui, en conséquence peut-être, sait à peine ce que peut être un être cher, les mots, rares, prennent un sens définitif, absolu. De là peut naître un gout pour les choses intangibles, sûres, plus fiables que ces phrases découvertes plus tard et qui ont des sens variables, selon les circonstances, les interlocuteurs, … Puis, un âge adulte venu, le goût pour la richesse inépuisable d’un mot prononcé ou écrit au bon moment, au bon endroit, à la bonne interlocutrice.

C’était un temps où le malheur ruisselait sur les femmes sans les noyer. Avec l’épreuve son flot entraînait les traces des peines anciennes ; il laissait leur place à des ferments de joies et de plaisirs futurs.
Parfois, leurs âmes et leurs corps ressuscités, elles offraient à leurs amants l’essence même de la vie retrouvée.

Je cherche jour et nuit ; nuit et nuit.

Empêchons ce qui nous a déçus de prendre le dessus !

Vous levez un secret.
Vous comprenez plus tard que c’était pour mieux en enfouir un autre,
qui vous tient plus à cœur.

Le poète peut comprendre et dire, le premier de tous, qu’il a plus de souvenirs que s’il avait mille ans. Mais chacun peut éprouver une parcelle de cette émotion.

Chateaubriand, écrivain de génie ; diplomate du cynisme.

La vie est courte hélas j’ai pas lu tous les livres

Allongé, muscles et articulations bercés de douleurs anciennes et modernes, il pensait à l’avenir. Entre membres, organes, tissus, cellules, des messages intérieurs s’échangeaient, en ondes sensitives ininterrompues et lui faisaient un océan bienveillant où son être s’évanouissait en lui-même.

Quand un ami devient un ennemi, on s’aperçoit, on s’imagine ?
qu’il n’a jamais été un ami.

Les autres avaient des guitares électriques . J’avais une guitare à gaz.

Elle lui avait labouré le méridien du cœur en entier.
Jusqu’à la main droite, sortie meurtrie de l’épreuve.

La civilisation est ses rites nous entraînent dans des méandres de délices.
Je ne crois pas un instant que les parcourir transmute votre corps désirant en banquise.
Je pressens en vous une âme tendre et passionnée ; ce que vous me suggérez, les échanges épistolaires auxquels vous aimez vous livrer me font deviner que, comme moi, vous avez la chance de sentir dans votre chair le pouvoir évocateur des mots et de leur musique.
Franchissons, voulez-vous ? un pas, pour ouvrir la voie ; que vos jambes alternativement avancées le long des talus accueillants du chemin, découvrent et cachent tour à tour un horizon, celui où j’aspire à sombrer.
Pour ne m’y perdre pas, se prépare en moi (et progressivement hors de moi) une balise que je planterai quand vous désirerez sa présence pénétrante. Je devine aussi certaines rotondités que présente cet horizon défini, comme une rencontre, par vos jambes dansantes.

Certains disciples des clergés vous assurent que les religions relient les hommes entre eux. C’est un peu vrai : elles les religotent.
Alors…

Telle qu’en lui-même enfin il la nomme
Minutieuse
Elle avait rangé le disque qu’ils avaient écouté
De ses gestes calmes et sous le poids de ses yeux tendres
Pendant une minute
Elle était partie laissant après elle
Flotter son regard clair
Il était resté seul dans la grande salle où la musique l’avait été submergé
Une heure
Il avait franchi une porte après l’autre dans le château sans rencontrer personne
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