des Batignolles



Il y a longtemps, la SNCF occupait de vastes terrains dans le quartier des Batignolles. Une gare de triage, des entrepôts, tout un réseau de voies ferrées, une plaque tournante, au senS propre, où des locomotives en rotation sur elle-mêmes pour changer de voie.
Autour des années 2010, toute la zone entrée dans une phase de désaffectation offrait un spectacle de désolation. Ou de gestation organique, selon la perspective choisie par l’arpenteur du paysage bouleversé.

Cheminant au hasard, perdant ses pas dans les voies du temps aussi bien que dans celles de l’espace, le promeneur construit là son paysage mental. Vaste champ : de la rue Cardinet au boulevard du Fort de Vaux, de l’avenue de Clichy au boulevard Pereire, traversé par le boulevard Berthier, lui-même bordé par les magasins et ateliers de décors de l’Opéra de Paris. Ce sont des fantômes qui, nuit et jour, parcourent les lieux et y sèment des graines de souvenirs.





Une des voies qui bordent la gare est le boulevard du Fort de Vaux, dont le nom remplace, ici, celui d’une bien ancienne voie, la Route de la Révolte. C’est ce qui explique le nom du pont, tel qu’il est indiqué sur le plan mais nulle part ailleurs, comme pour exorciser une attitude diabolique.
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Mars 2024


