
Dans une interview au Monde, à la veille d’un concert à la Fête de L’Humanité, Joan Baez a permis de comprendre l’évolution d’un grand nombre de jeunes qui, il y a quarante ans, ont voulu changer le monde et la vie. Le 17 septembre 2011, elle témoignait, avec une lucidité que peu, dans sa génération, ont le courage de s’appliquer.
Au passage, on notera que l’artiste garde une indifférence souveraine envers les piques qu’un des journaux, Le Monde, semble lancer à l’autre, L’Humanité.
Citation:
Quarante ans après votre premier concert à la Fête de l’Humanité, vous rejouez à La Courneuve. Cela a-t-il un sens politique de chanter ici ?
Non. Les temps ont changé. Aujourd’hui, il s’agit surtout d’un gros festival, avec moins de connotations politiques.
[…]
Pensez-vous que les gens ont gardé une capacité à se mobiliser ?
Il était beaucoup plus facile de le faire il y a quarante ans. Les enjeux étaient clairs. Pour moi, cela a d’abord été la lutte pour les droits civiques, puis le combat contre la guerre du Vietnam. Je n’avais pas beaucoup à réfléchir, c’était une évidence. À tel point que nous avons connu une crise d’identité à la fin de cette guerre, pour n’avoir pu trouver de substituts aussi intenses à cet engagement. Dans cette société guidée par l’avidité, il est aujourd’hui très difficile de désigner clairement son ennemi, de lutter contre le monde des financiers, des spéculateurs. Si j’avais une priorité, ce serait le réchauffement climatique.
Février 2014

