J’entends ces étudiants parler entre eux et j’attends leur sortie

Sciences po

J’entends ces étudiants parler entre eux et j’attends leur sortie, quand ils seront intégrés à la troupe de l’élite des idéologues. L’école où j’officie, cet Institut d’Études Politiques a gardé le nom de de Sciences Po qui lui assure un prestige dans les cercles de la presse et du pouvoir. Faut-il que je leur dise, à ces jeunes peut-être innocents, comment et pourquoi cette école a été créée ? 

Pour autant qu’il m’en souvienne, c’était au lendemain de la défaite de 1870. Certaines têtes pensantes des couches dirigeantes de la France vaincue se sont demandé où résidaient les causes de leur humiliation. Elles ont trouvé le virus dans l’Université. Ses professeurs n’avaient pas assez admiré et chanté la France éternelle ; ils avaient trop cherché une inspiration néfaste dans la philosophie allemande. Kant, Hegel et consorts avaient miné le ressort de l’amour de la patrie. 

Il fallait réagir et confier à des gens sérieux la formation de ceux qui, chacun à son poste, engageraient la reconquête : l’Alsace, la Lorraine, la musique, la poésie et la philosophie pourquoi pas ? 

Me voici maintenant préposé à la méditation séculaire à l’entrée du « site René Rémond », situé dans la rue de l’Université.

Stylo

Écrire un mot à monbeauparis.net

En savoir plus sur monbeauparis.net

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture